Sit-in ambassade de Lybie a Londres

La Fraternité Guinéenne au Royaume-Uni, « Slavery Remembrance » (Mémoire de l’Esclavage), La Communauté malienne au Royaume-Uni, MANDEN UK, Diaspora Ivoirienne UK et « SOAS University of London » ont organisé, dimanche 26 novembre 2017 à Londres, un sit-in de protestation devant l’ambassade de Libye. Toutes les communautés de l’Afrique Subsaharienne, les membres des Organisations de Droit de l’Homme et de Lutte contre l’Esclavage au Royaume-Uni ont participé à ce « sit-in » de protestation et d’indignation.

À la suite d’un reportage choquant de la chaîne de télévision américaine CNN sur un marché honteux d’esclaves en Libye, il y a quelques jours, de nombreuses personnalités politiques et artistiques, écrivains et universitaires, journalistes et militants associatifs se sont indignés contre la détention illégale dans des conditions inhumaines de plus de 2,5 millions d’Africains Noirs. Le Président français Emmanuel Macron a dénoncé et qualifié la vente des Noirs Africains comme des esclaves de « crime contre l’humanité » et a annoncé que la France a demandé expressément une réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU.

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Venues de toutes les régions du Royaume-Uni, les Communautés d’Afrique Subsaharienne ne voulant pas croiser les bras face à cette indignation, ont bravé le froid hivernal pour monter au créneau et dénoncer la tragédie humaine qui prévaut contre les frères et sœurs africains Noirs qui sont en transit en Libye.

Des centaines de manifestants très choqués et profondément indignés sont arrivés par petits groupes le visage serré où se lisait au premier regard la colère. Sur les pancartes on pouvait lire pêle-mêle, en français et en anglais : « Non à l’esclavage » ; « ’End Slave Auctions in Libya’ Enough is Enough » (Arrêtez la vente aux enchères des esclaves en Lybie, trop c’est trop) ; « Stop Human Trafficking » (Stop le Trafic Humain) ; « We are not for sale » (Nous ne sommes pas à vendre)…etc.

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Les différents intervenants ont rappelé aux dirigeants libyens de l’après Mouammar Kadhafi l’important rôle joué par l’Afrique Subsaharienne pendant la période d’embargo qu’a vécue la Lybie avant de leur exiger l’arrestation et la condamnation immédiates des esclavagistes. Ils ont aussi dénoncé les incarcérations et les humiliations de tout genre, les violations des Droits de l’Homme et, bien entendu, la vente aux enchères et d’esclavage dont des jeunes migrants de l’Afrique Subsaharienne. Pour finir ils ont interpelé l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Union Européenne et l’OTAN. Tout en s’interrogeant sur l’étrange mutisme des dirigeants des pays d’Afrique Subsaharienne, les manifestants ont exigés que l’Union Africaine (UA) et les chefs d’États des pays de l’Afrique Noires prennent des mesures politiques concrètes et immédiates pour faire cesser les pratiques d’esclavage non seulement en Libye mais aussi en Mauritanie. Et ils ont demandé aux gouvernements des pays concernés le rapatriement de leurs ressortissants.

Les réactions des Africains Noirs des capitales européennes (Paris et Londres) devraient normalement être suivies de celles des chefs d’États et des gouvernements des pays de l’Afrique Subsaharienne.

Simplice Ongui