Prof Alphonse Djedje Mady

Prof Alphonse Djédjé Mady, Secrétaire général du Pdci-Rda

(Le Nouveau Réveil, 30 mai 2013) – Faut-il vraiment s’inquiéter pour la cohésion du Pdci-Rda ? Comment comprendre que pour la mise sur pied d’un simple comité d’organisation d’un congrès, le Pdci puisse offrir ce spectacle indigne d’un parti sexagénaire ?

Pourquoi veut-on coûte que coûte contrôler et piloter l’organisation de ce congrès ? Ceux, qui montrent autant d’acharnement à contrôler ces assises, ont-ils une autre idée derrière la tête ? Pourquoi s’échine-t-on à montrer du Pdci l’image d’un parti politique déchiré, miné par une guerre des clans ?

Pour la troisième fois en l’espace de deux semaines, le secrétaire général du Pdci vient de convoquer les membres des mêmes structures du Pdci, à savoir, le secrétariat général, la Jpdci, l’Ufpdci, le Grand conseil. Pour parler toujours de la même chose : les préparatifs du 12e congrès. Hier, la rencontre avec les délégués départementaux et communaux a failli dégénérer quand le ministre Maurice Kakou Guikahué et Djédjé Mady se sont empoignés verbalement. Selon nos sources, le premier n’aurait pas apprécié l’interprétation que le second tentait de faire des directives du président du parti avant son départ pour Paris.

Il est bon de souligner que dans le cadre des préparatifs de ce congrès, le ministre Niamien N’goran, coordinateur et président du congrès, avait convoqué des personnalités du parti pour mettre en place les commissions techniques de préparation du congrès. Or, certaines de ces mêmes personnalités sont également conviées par le secrétaire général.

Afin de ne pas instaurer le désordre au sein du parti, Niamien a décidé purement et simplement de reporter ses rencontres, en attendant que le secrétaire général finisse ses consultations.

Et pourtant, avant de s’envoler mardi pour l’hexagone, le président du Pdci avait pris soin de clarifier les rôles et de préciser les tâches. Celui qui est chargé de l’organisation pratique du congrès s’appelle Niamien N’goran. Djédjé Mady étant, lui, le superviseur délégué. Les missions du coordonnateur et du superviseur ne peuvent donc se confondre. Le coordonnateur, c’est celui qui est l’animateur principal, le chef d’orchestre, celui qui coordonne tout, qui agence tout, qui combine les différentes opérations de l’organisation tout entière. or le superviseur, c’est celui qui contrôle un travail effectué par d’autres.

Comme on le voit, les champs d’intervention sont bien distincts. Il ne peut logiquement avoir de confusion entre ce que Djédjé Mady fait et ce que Niamien N’goran a à faire.

Il a été simplement demandé au secrétaire général de faire des propositions d’amendent de la liste du comité d’organisation. En fait, Bédié lui a demandé de voir s’il avait des propositions de personnes ressources à proposer pour enrichir ce comité. Un travail qui, à la vérité, ne requiert pas qu’on convoque chaque semaine les membres des instances du Pdci.

Djédjé Mady aurait aussi décidé de proposer des thèmes de référence pour le congrès. Ce qui ne poserait pas de problème particulier à M. Bédié.

Qu’est-ce qui justifie alors toute cette agitation ?

S’agit-il d’un problème de personne ou de leadership ?

Cette guerre ou cette guéguerre interne s’est déclenchée le jour où Bédié a décidé de mettre sur pied un comité ad’ hoc pour réfléchir sur les préparatifs du 12e Congrès. Un crime de lèse-majesté aux yeux de certains qui estimaient que l’organisation de ces assises devrait leur être confiée. Absolument.

En décidant de confier l’organisation pratique du congrès à Niamien N’goran, Bédié a-t-il appuyé sur un bouton qu’il ne fallait pas ? A-t-il dérangé des plans de bataille ? Ils sont nombreux en effet, au Pdci à penser que ce n’est pas l’organisation du congrès en tant que telle qui est la cause de toute cette confusion savamment orchestrée, mais qu’il y a anguille sous roche.

A y voir de près, il y a comme quelque chose que Mady veut dire au président Bédié et qu’il n’arrive pas à dire. De même, tout se passe comme si le président Bédié sait des choses ou voit des choses venir mais qu’il se garde pour l’instant d’en parler. Un jeu de cache-cache au sommet du parti ? Les prochains jours nous situeront.

AKWABA SAINT CLAIR