Aujourd’hui, au Vatican, a débuté un sommet sur la pédophilie dans l’Église. Convoqué par le vicaire du Christ (Paul réserve les titres « tête du Corps » ou « chef de l’Église » au Christ dans Colossiens 1, 18), ce sommet marque indiscutablement un tournant historique pour l’institution au même titre que le renvoi de l’état clérical du cardinal américain Théodore McCarrick, le 16 février 2019. L’ancien archevêque de Washington avait été reconnu coupable d’abus sexuels et d’abus de pouvoir.

Pourquoi cette rencontre est-elle une grande première ? Parce que, pendant des décennies, l’Église a été incapable de se remettre en cause et de sévir contre les prêtres et évêques impliqués dans des scandales sexuels. Tout au plus, se contentait-elle de les déplacer. Jamais la Justice n’était saisie pour que les victimes soient écoutées et dédommagées.

La raison d’un tel comportement ? L’Église se croyait en dehors de la société ou au-dessus d’elle. Et pourtant, le Concile Vatican II (1962-1965), présenté comme une révolution copernicienne, parle d’une Église qui est dans le monde et chemine avec lui, partageant ses joies et ses peines, ses angoisses et ses espérances (« Gaudium et spes », n.1).

Tout en saluant la volonté de François de ne plus couvrir les brebis galeuses et de prendre à bras-le-corps la question des abus sexuels dans l’Église, il faut souhaiter que le bâton ne frappe pas uniquement les prêtres pédophiles et ceux ayant femme (s) et enfants car l’homosexualité pratiquée dans plusieurs presbytères et couvents n’en constitue pas moins une atteinte au vœu de chasteté. Il faut surtout espérer que, après ce sommet, des sanctions seront prises contre l’abus de pouvoir et l’autoritarisme de certains prêtres et évêques. Car, pour Christ, le pouvoir ou l’autorité n’est pas domination ou oppression mais humble service.

En invitant 190 évêques du monde entier à réfléchir sur les moyens de lutter contre les abus sexuels et abus de pouvoir, le pape argentin rappelle à l’Eglise qu’elle est toujours à réformer (Ecclesia semper reformanda est).

Jean-Claude DJEREKE