Quitter le carcan berlinois

Afrique_Occupation_colonial

(Page Facebook de Lettê naa Lettê) – J’établis définitivement ce que tout le monde écrit, dit et chante. Partout. Je lis comme vous les incipits des encyclopédies post-modernes et contemporaines. Dignes épitaphes! Conférence de Berlin. Partage de l’Afrique. C’est ça que je dis. Des historiens éminents et émérites ont fait leur carrière sur ce curieux découpage – saucisson ou camembert des voleurs – du continent des Noirs. On a parlé de Balkans noirs en référence à l’Europe centrale. On a même créé des Instituts spécialisés qui gardent cette mémoire criminelle de l’Occident. Comme fierté, mais la fierté d’une civilisation barbare. Et je pèse mes mots. Des pans entiers de bibliothèques et de médiathèques en sont les lieux de résonance. Des musées immortalisent cette œuvre comme oeuvre fondatrice de la civilisation de l’universel.
Ne cherchez pas loin. Ne vous tracassez pas. Victor Hugo en a donné une définition scientifique, littéraire, poétique, brutale et immonde. Berlin c’est la théorisation politique de la domination. C’est tout Victor Hugo. Dans Discours sur l’Afrique. Il énonce sa conviction. L’humanise même. Une conception erronée. Des principes et valeurs au-dessus de la plus grande fosse commune de notre humanité. Jules Ferry et les siens ont vite fait de traduire dans le vécu des peuples de couleur et des cultures des Noirs l’acte barbare. Par la vérité de la canonnière! Par le débat républicain. Le Manifeste de Berlin devint alors le nouveau Talmud maçonnique, le Décalogue infaillible! Thème principal. La civilisation par le crime de génocide. C’est l’expansion coloniale. Et dans toutes les chaumières de France et de Navarre on a applaudi aux nouvelles Croisades, cette fois-ci, bien laïques. C’est le premier Traité des dupes. Il est cynique et fourbe. Même entre gens civilisés!!!! C’est ça la République. C’est ça l’Etat républicain. Il est le réceptacle de belliqueux suffrages démocratiques !!!! À l’arrivée, au lieu d’être nous-mêmes c’est à dire des Badwê, nos devanciers se sont appliqués à donner des noms fantaisistes à nos terroirs. À nier nos us et coutumes politiques et économiques. Ils ont fait table rase de notre “pouvoir éparpillé” ou dispersé.

Il nous faut quitter Berlin. Je le redis plus sèchement. Berlin c’est l’embrigadement, le négationnisme le plus abouti. Berlin ne peut pas être source de liberté et de dignité. Le panafricanisme berlinois est naturellement un crime de génocide.

Lettê naa Lettê
Le jour se lève toujours