La victoire commence à avoir plusieurs pères au sein de la plate-forme non idéologique réunissant le PDCI-RDA et le FPI. Mais la création de cette coalition politique a un inspirateur et un seul: Sylvain Miaka Oureto, vice-président du FPI.

Le 15 avril 2013, donc au beau et bon temps du RHDP, le président intérimaire du parti qu’il était alors que Pascal Affi N’Guessan était détenu à Bouna, prenait courageusement les devants.
Dans un climat hostile, il lançait, officiellement et dans une adresse, un appel pressant au PDCI-RDA pour deux objectifs.

D’un, invité cet ancien parti unique à sortir du marché de dupes politique où il sert de “mouton de sacrifice”, de “faire-valoir et d’attelage au RDR”.
De deux, former une coalition politique pour sonner le glas du RDR.
Voici son argument: “Frères et sœurs du PDCI-RDA, il est encore temps de sauver la démocratie dans notre pays. L’enjeu est clair et dépasse de très loin les frontières idéologiques (libéralisme et socialisme).
C’est la survie de notre nation qui est en jeu. Le moment du grand sursaut national est venu. Resserrons nos rangs pour faire barrage aux prédateurs. Rassemblons-nous pour défendre la nation en péril. Nous n’avons que cette patrie; alors défendons-là ensemble au risque de disparaître ensemble quand l’on nous demande de vivre ensemble chez nous, sans nous”.

KAMBOU/AFP/Getty Images)

Miaka a été copieusement moqué, récoltant quolibets et railleries du PDCI-RDA et du RDR, les deux poids lourds du RHDP. Décédé le 24 octobre 2015, il n’est plus de ce monde. Mais, au lieu d’avoir prêché dans le désert, il prend, à titre posthume, une très belle revanche.

Sa prophétie, assimilée de son vivant à une fiction, est devenue réalité: le PDCI-RDA, qui épouse désormais sa thèse, a rompu avec le RDR et forme une alliance politique, qui “dépasse de très loin les frontières idéologiques”, avec le FPI.

Au sein de ce parti, personne ne rend, même à demi-mot, hommage à la clairvoyance politique de Miaka. Au contraire, ses “camarades” tentent de tirer la couverture à eux, au lieu de rendre à César ce qui est à César.

De FERRO Bally