Par Jean-Collins OYONO-ENGUELE, Leader politique, Président de la Renaissance Pour le Développement du Cameroun  / Tel : 656 64 65 32/ 651 97 30 05

Pendant longtemps, la démocratie avait été réclamée par une poignée d’élites instruites formées dans les Grandes Ecoles et dans les Universités occidentales. Pétries d’une culture démocratique acquise tantôt par mimétisme, tantôt par contagion, ces têtes auréolées de prestigieux diplômes étaient les seuls ferments de la contestation du monolithisme et de la pensée unanimitaire. Ces têtes couronnées espéraient voir, dans notre pays, l’aurore d’un jour nouveau, au cours duquel soufflerait un vent porteur de cette démocratie dont elles avaient été, plusieurs années durant, les témoins admiratifs, depuis les bancs de leurs amphithéâtres ou du coin de leurs chambres d’étudiants.

Puis vint Paul Biya, le 6 Novembre 1982. Nanti du Libéralisme Communautaire, l’un des programmes de développement économique des plus constants, des plus cohérents et des plus convaincants des années 1980, en Afrique, selon le Professeur Hubert Mono Ndjana, premier Camerounais Agrégé de philosophie et ardent théoricien du Renouveau, le Président Paul Biya, beau comme un dieu, fut accueilli en Messie. Malheureusement, sans que personne ne puisse savoir ce qui avait bien pu se passer, le Libéralisme Communautaire, tel un feu de paille, s’est évanoui et mourut de sa belle mort.

Puisqu’un malheur n’arrive jamais seul, le Cameroun sera, par la suite, ébranlé, dans ses fondements, par la tentative de coup d’État du 6 Avril 1984 qui fit couler beaucoup de salive, de sueur, de larmes et de sang.

Désormais, au pays du char des dieux, les habitants vivaient plongés dans la stupeur jusqu’à l’avènement, en 1992, de ce Traité qui surgit, dans le ciel assombri de Maastricht, tel un nuage annonciateur de l’orage. C’est justement en ce moment que commença à souffler le vent de l’Est, cet irrésistible ouragan qui emporta plusieurs pays africains dans un tourbillon de conférences nationales. Fort heureusement, contrairement au Congo Brazzaville, au Benin, au Zaïre et à bien d’autres pays, le régime de Yaoundé, tel le roseau de la fable qui, malgré sa fragilité et sa faiblesse, plie mais ne rompt pas, réussit à résister à ce violent raz-de-marée.

Toutefois, la contestation politique camerounaise, dont la locomotive était le Social Democratic Front de Ni John Fru Ndi, contraignit le Président Paul Biya à réinstaurer le multipartisme, avec la promulgation des lois du 19 Décembre 1990 consacrant la liberté d’association. Le prix à payer fut 6 morts, lors des marches du 26 Mai 1990, à Bamenda, et la démission, 2 semaines plus tard, de John Ngu Foncha de son poste de Vice-Président du Cameroon People’s Democratic Movement. Autant dire que le multipartisme est un enfant né avec une déformation congénitale, le visage couvert de taches de sang. Ce sont, d’ailleurs, ces taches de sang indélébiles qui, tels des oiseaux de mauvais augure, vont accompagner l’opposition camerounaise, dans toutes les étapes de son tumultueux voyage jusqu’à nos jours. C’est ainsi que, de tribulation en tribulation, plusieurs ténors de l’opposition, telle une horde de souris, prises dans le traquenard d’un gros chat, furent dévorés par le parti au pouvoir. Bello Bouba Maigari, Issa Tchiroma Bakary, Antar Gassaye, Augustin Frédéric Kodock de regrettées mémoires, Henri Hogbe Nlend, Hamadou Moustapha, Dakole Daissala et, plus récemment, le tonitruant Jean de Dieu Momo, sans oublier le père du cabralisme communautaire ont été littéralement phagocytés.

Depuis la réinstauration du multipartisme, dans notre pays, le parti au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, a régné sans partage. Ce parti, qui s’est carrément substitué à l’Etat, fait la pluie et le beau temps, depuis trois décennies, dans la galaxie politique de notre pays. Par des simulacres d’élections, caractérisées par le bourrage des urnes, l’achat des consciences, la falsification des résultats, l’intimidation, mieux, l’agression des représentants des formations politiques de l’opposition, le RDPC, par sa polyvalence et son omnipuissance, a pratiquement confisqué tous les secteurs de la vie nationale. Cette formation politique au pouvoir, dont le chef est un monarque absolu, entouré de monstres appelés « personnalités ressources », se fiche éperdument de l’intérêt national. Après avoir entrepris des purges massives, qui ont précipité bon nombre de récalcitrants dans les cachots sombres du pénitencier de Kondengui, ce parti est réduit à n’avoir de destination que celle que lui impose le décret d’un Etat qui se veut éclairé, omniscient et omniprésent, mais qui, pourtant, est pathétiquement indigent sur le plan idéologique, honteusement vaniteux au présent et désespérément évanescent pour le futur.

Entre temps, les libertés publiques et privées, collectives et individuelles, qui sont pourtant originelles et intrinsèques à chaque être humain, sont totalement muselées. Partout, dans notre pays, la violence politique est omniprésente. La violation des droits des citoyens et la barbarie, savamment orchestrées par un Officier Supérieur de notre Armée Nationale et ses tontons macoutes, se sont emparées du corps social, tant et si bien que le Cameroun est devenu la parfaite illustration de cette maxime de Thomas Hobbes : « L’homme est un loup pour l’homme ».

Et pourtant, dans une interview, accordée à Yves Mourousi de Radio Monté Carlo, le 21 Juillet 1990, 5 jours seulement après ma prise de service, à Mbalmayo, la ville cruelle, le Président Paul Biya, divinement inspiré, déclarait : « Je voudrais que l’histoire retienne de moi l’image de l’homme qui a apporté, à son pays, la démocratie et la prospérité ».

À l’occasion de la célébration de l’an 38 du magistère du Président Paul Biya, son Journaliste préféré, le Directeur Général de la Cameroon Radio and Television Corporation, Charles Ndongo, s’est évertué, une fois de plus, à démontrer, au peuple camerounais, le caractère sacré du pouvoir de Paul Biya, à travers les lignes apologétiques de son éditorial : « Elu de DIEU, assurément. Elu de la Nation camerounaise indubitablement. 38 ans déjà qu’il préside aux destinées de ce grand, riche, complexe, admiré et envié pays qu’est le Cameroun. L’ancien pensionnaire du pré-séminaire Saint Tarcisius d’Edéa et du petit séminaire Saint Joseph d’Akono a, très tôt, appris de l’Epitre de Paul aux Romains (13,1) : « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures, car, il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de DIEU ; et les autorités, qui existent, ont été instituées par DIEU ».

« Tout le monde le sait : Paul Biya n’a ni comploté, ni marché, ni marchandé, pour accéder à la magistrature suprême. Il a su attendre son heure. Patiemment. Quand d’autres, hier, comme aujourd’hui, n’en finissent pas de s’arroger un improbable destin, en découvrant, à leurs dépens, les prédictions de Baubrillard : « Tôt ou tard, le réel prend le pas sur le simulacre ».

« Dans son ascension tranquille vers les cimes du pouvoir, Paul Biya, lui, s’est donné le temps d’arborer cet éthos présidentiel qui fait la différence, sans jamais brûler les étapes, sans jamais succomber à la tentation du syndrome de l’hubris, la maladie du pouvoir, qui happe et finit par perdre ceux qui rêvent, éveillés, d’être khalife à la place du khalife, dans un triste mélange d’ambitions incontrôlées et de calculs politiques ratés ». Allusion clairement faite aux prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles de la maison d’arrêt de Kondengui. Sans doute, Charles Ndongo voulait-il, à travers ce style dithyrambique, réitérer, avec force, que l’opposition camerounaise, qui n’est qu’un ramassis de bouffons, de margoulins et de maudits, n’est qu’une émanation du diable.

Comme chaque Camerounais peut le constater, Charles Ndongo, pour tourner l’opposition camerounaise en dérision et rester dans les petits papiers du Chef de l’Etat, se trouve obligé de jouer à cache-cache avec DIEU, en oubliant justement que ce DIEU, qui établit et qui renverse les rois, ne jette pas les dés. Sans doute, Charles Ndongo ne sait-il pas que chercher à démontrer une vérité de La Palice à ses compatriotes, non seulement, relève purement de la sophistique, mais surtout, vise à les traiter de crétins. Sans doute, Charles Ndongo feint-il d’ignorer que la vraie foi, selon la même Bible, qu’il donne l’impression de maîtriser, est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. Autrement dit, la révélation est intimement liée à la connaissance des événements à venir. Alors même que Charles Ndongo et ses amis n’ont aucune idée du jour où chacun d’entre eux rendra son âme à DIEU, ils sont toujours prompts à donner des pronostics sur la nullité ou plutôt sur l’incapacité de tel homme politique à prendre les rênes du pouvoir, comme si le DIEU de la révélation était leur oncle maternel ; comme si, pour s’adresser à chacun d’entre nous, DIEU était obligé de le faire par le truchement des bigots, des cagots et des griots comme Charles Ndongo.

Ardent promoteur du régime unanimitaire de Yaoundé, de la mort de la pensée et de l’humiliation de l’intelligence, Charles Ndongo s’illustre comme un apôtre du verbalisme démagogique. Cette démagogie est synonyme de tyrannie, parce qu’elle a pour unique objectif d’avilir le peuple camerounais et de le détourner de la raison. Pour Charles Ndongo, seuls comptent encore et toujours l’illusion, le tourbillon des mots et l’impressionnisme des images amplifiées. Accroché à son petit poste de Directeur Général, comme une vestale à sa virginité, Charles Ndongo s’échine, tout au long de son éditorial, à peindre en noir tout grand esprit qui émerge, rayonne et s’impose en dehors de cette association de bonimenteurs, de prévaricateurs et de voleurs qu’est le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais.

A en croire Charles Ndongo, parce qu’il est lui-même persuadé de ne pas posséder les pectoraux d’un Chef d’Etat, alors tout Camerounais, qui essaie de lorgner le fauteuil présidentiel, n’est qu’un vulgaire schizophrène ; tous ceux qui osent évoquer l’éclipse très prochaine du Président Paul Biya, ne sont rien moins que des abominables hérétiques. Et pourtant, le 9 Juin 2004, 14 ans, jour pour jour, après le retrait brutal, le 9 Juin 1990, de John Ngu Foncha du R.D.P.C, le Président Paul Biya, de sa sainte bouche, donnait solennellement rendez-vous, à la communauté nationale et internationale, pour ses obsèques 20 ans plus tard, c’est-à-dire, en 2024. Autant dire que Charles Ndongo est plus royaliste que le Roi.

Aujourd’hui, le Cameroun, ce pays où tous les Socrate sont considérés comme des fous, va à vau-l’eau : le peuple est en proie à une misère exécrable provoquée par une gestion calamiteuse ; la jeunesse souffre d’un sentiment d’abandon notamment au sein des couches les plus vulnérables. Le monarque absolu et son gouvernement ne gouvernent plus, ils rafistolent. L’inamovible monarque n’agit plus, il titube, à cause de l’ivresse du pouvoir. L’indomptable monarque ne réfléchit plus, il tâtonne. Le monarque infaillible ne décide plus, il improvise. Le plus beau de tous les monarques ne s’exprime plus, tel un homme atteint d’agoraphobie, tantôt il bégaie, tantôt il balbutie. Par des rares et spectaculaires apparitions, le monarque éternel se met en scène en sauveur du Cameroun, comme si l’exercice de la monarchie pouvait se réduire à quelques facéties dérisoires caractéristiques d’un pouvoir irrémédiablement narcissique. Ce monarque, qui aura, durant tout son règne, refusé de placer l’intérêt national au-dessus de vaines et venimeuses querelles partisanes, n’a plus qu’une seule certitude, celle de l’illusion de la puissance.

Tels des enfants prodigues, nos Ministres et nos Directeurs Généraux, conformément à leur MEILLEUR CHOIX, lors de l’élection présidentielle du 12 Octobre 1997, ont tourné le dos au peuple et trahi la patrie. Chaque jour, ces élites de Sodome et Gomorrhe courent derrière des banalités et des futilités. A cause de leurs mœurs corrompues et perverties, leurs cerveaux sont, de plus en plus, excités par des querelles de chiffonniers. Ces misérables maris cocus et cette horde de prostituées n’ont soif que d’obscénités. Aveuglés par la luxure et la concupiscence, ces sodomites et ces nymphomanes sont complètement englués dans la bestialité. Et c’est parmi ces cavaliers de l’apocalypse qu’on ose attendre le successeur du Président Paul Biya.

Albert Einstein, le cerveau le plus puissant du XXe siècle, disait : « Le comble de la stupidité est le plus clairement démontré par l’individu qui se moque de quelque chose dont il ne sait rien ». J’ai la certitude que Charles Ndongo en prendra pour son grade. Albert Einstein a également fait cette suggestion qui vaut son pesant d’or : « Il arrive un moment, dans votre vie, où vous devez arrêter de lire les livres des autres et écrire le vôtre ». Contrairement à Charles Ndongo, dont le plus grand mérite est d’écrire des poèmes sur l’angélisme de Paul Biya et de rendre des oracles sur son éternité, j’attends, avec sérénité et assurance, m’assoir sur ce fauteuil si controversé et si convoité, au lendemain de la prochaine échéance électorale. Je prendrai immédiatement les décisions courageuses, qui s’imposent, pour rétablir l’autorité de l’Etat et la sécurité des Camerounais, restaurer la compétitivité de notre économie, préparer les jeunes à s’insérer dans notre société et défendre l’honneur du Cameroun sur la scène internationale. En tout cas, l’avenir du Cameroun se fera, avec moi, ou ne se fera pas.

Jean-Collins OYONO-ENGUELE
Leader politique
Président de la Renaissance Pour le Développement du Cameroun
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