Par SOUMAREY Pierre Aly

Toutes les données modernes de l’astrophysique s’accordent pour dire que l’Univers trouve son origine dans « un atome primitif », en réalité encore plus petit que ne l’avait prédit Lemaître, puisqu’il est de masse nulle, suivant le dernier modèle d’Einstein-Sitter. Ce qui autorise, en raison de sa taille infiniment petite, la plus proche du néant, d’orienter désormais, la recherche cosmologique, du côté de la physique quantique, notamment gravitationnelle, à un tel niveau d’investigation.

Mais, pourra-t-on jamais expliquer et nous représenter, ce qui s’est réellement passé à cette échelle naissante de l’Univers sensible, où les lois qui gouvernent à la matière, formaient un bloc soudé et indissociable avec elle, suivant le Très Saint Coran. Dès lors, elles ne peuvent pas être aptes à expliquer, en tant que contenu, le comportement de ce qui les contenait. Par ailleurs, les conditions thermiques de cette époque primordiale, d’une énergie d’une intensité infinie, ne le permettent pas non plus. Si par impossible, nous pouvions les isoler de la matière, alors qu’elles n’étaient pas en œuvre, ce serait affirmer du coup, que ces lois existaient, avant même que l’Univers sensible apparaisse, et que celles-ci trouvent donc, leur origine beaucoup plus loin en amont.

Cette nouvelle perspective pointe vers l’hypothèse d’un Univers en rebond, formalisé suivant le modèle du pré-big-bang, se fondant sur la théorie de la gravitation quantique à boucles. Cette hypothèse est recevable, au regard du Très Saint Coran qui la suggère, par de nombreuses allusions, au moins implicites. Cette interprétation audacieuse des versets concernés, n’a pas pour l’heure, obtenue un consensus de la communauté musulmane. Mais cela ne saurait tarder. Dès lors, la problématique se déplace, car la genèse initiale des choses, ne s’arrête plus à la singularité initiale. Celle-ci pourrait se situer plus loin dans le temps ou l’espace, ce que admet également le Très Saint Coran en de nombreux versets relatifs à « l’héritage de la terre » et le concept de « khalifa ». Mais, si par hypothèse encore, notre Univers sensible dans le cadre de cette nouvelle théorie, n’est pas le résultat d’un premier rebond, dans la perspective de rebonds à répétition, le problème deviendrait définitivement insoluble.

Il nous faudra alors admettre avec Kant que l’espace et le temps sont des notions humaines, et non des propriétés objectives de la réalité physique, dans le Réel. D’ailleurs, personne n’a encore analysé l’espace ou le temps en laboratoire. Ils n’existent pas objectivement dans le Réel, comme des objets autonomes, nous n’en avons qu’une représentation mathématique, à effet de nous les rendre intelligibles. Nous nous représentons avec nos propres concepts, un système qui dépasse notre perception, du point de vue d’un observateur situé à l’intérieur de celui-ci, et non d’un observateur extérieur, indépendant, comme le pourrait un être singulier, d’une toute autre catégorie, se situant en dehors du temps et de l’espace, autant dire une Déité.

Cette idée de « quelque chose » d’unique dans son mode d’être, pré-existentiel et insaisissable, à la genèse absolue de tout, donc de l’existence sensible, est la seule qui soit satisfaisante à l’esprit critique, à un tel niveau de la réflexion philosophique et de la recherche scientifique. L’identité avec laquelle nous la définissons, relève d’une querelle lexicologique. La religion peut la nommer avec raison, Allah, conformément aux enseignements du Très Saint Coran, tels que révélés par cette entité Elle-même.

Elle motive le fait qu’il existe quelque chose, plutôt que rien, car l’Univers ne se justifie pas par lui-même. Dans l’absolu, il n’existe aucune raison suffisante ou nécessaire à son existence. La motivation est la valeur la plus centrale de la grande énigme de l’humanité et de l’apparition soudaine de l’Univers dans le champ magnétique infini et indéterminé de l’éternité cosmique. Elle permet non seulement d’expliquer la nature, le mouvement et l’être, se développant dans le temps et l’espace, mais de leur donner un sens. Une énigme, n’est pas un mystère que nous ne pouvons comprendre, mais au contraire un inconnu que nous devons percer. L’Univers est une réalité physique perceptible, observable, analysable, donc accessible à notre conscience et à l’investigation rationnelle de notre intelligence. D’ailleurs, « La foi n’est pas intéressée à ce qu’une vérité reste impénétrable. Là est la victoire de Dieu » (« Le message spirituel de Teilhard de Chardin », Ed. du Seuil, P. 49.)

Cette Intention a pour support ontologique une écriture primordiale, contenue dans un Archétype pré-existentiel dont la manifestation sensible est encodée dans la matière et en l’homme, en leur « en-dedans », servant de moteur au mouvement et à la dynamique de leur apparition, de leur organisation, de leur fonctionnement, de leur évolution. Laquelle est orientée vers un progrès infini, qui les rapproche par leur activité, leurs constructions individuelles et collectives, de la perfection de l’Être absolu, la seule réalité qui soit impérissable et Unique en son mode d’être singulier. Ici, est le but de l’existence sensible toute entière : retourner après l’achèvement d’un processus d’expériences, à l’origine première de la Vie, qui a permis le jaillissement de ses formes plurielles, mais profondément unies, sous le rapport d’un Principe Supérieur.

Cet aspect rattache directement la cosmologie à la cosmogonie et par rebond à la religion. L’histoire de l’apparition et de la formation de l’Univers trouve ainsi une signification religieuse, dans l’existence causale d’un Être doté du pouvoir de créer. Cette thèse est défendue, non pas sur la base d’une expérience du sacré, mais sur un fondement scientifique qui trouve la source de son savoir, dans la vérification des propositions du Très Saint Coran fournies comme preuves, 1.400 ans avant, que l’observation et la recherche scientifique viennent les confirmer dans toutes leurs parties. La formulation de cette approche est nécessaire au lecteur, pour la bonne intellection de l’œuvre entière, notamment pour la compréhension des différents développements ultérieurs. En effet, la démonstration est apportée que l’une (la religion) et l’autre (la science) présentent des traits communs dans les descriptions et les explications qui sont faites de la réalité physique : l’origine et la formation de l’Univers et des phénomènes qui les gouvernent. Voici, l’originalité du livre, dont l’importance permet de réévaluer la portée critique du religieux et la pertinence de la catégorie du surnaturel, qui trouve du coup, une définition universelle, en tant que principe causal, mais aussi en tant qu’Être Absolu et pré-existentiel, dont l’existence entre dans une catégorie indépendante et extérieure au monde visible et sensible.

Ainsi, l’étude de l’histoire de l’origine et de la formation de l’Univers revêt une dimension spirituelle parce qu’elle est conduite, examinée, pensée, au moyen de la Révélation Coranique. Par delà, les idées novatrices et révolutionnaires qu’elle introduit en religion, elle apporte par son accord avec les faits, une valeur scientifique incontestable à la Parole Sacrée. Cette approche qui imprègne tous les développements rationnels de la pensée scientifique exposés dans l’explication du surgissement du sensible à l’existence, met à mal par la démonstration, un état d’esprit acquis au dogme matérialiste. Elle réintroduit la notion de Dieu au centre du Monde. Ce faisant elle nous renseigne également sur la nature de la doctrine de l’Islam et sa vision d’un monde explicable, démontrable par des moyens rationnels. Elle scelle de fait, la réconciliation entre la foi et la raison critique. Les efforts de compréhension accomplis par la démarche religieuse, sont les mêmes que ceux de la rationalité scientifique.

Au terme de cet effort commun, il est possible de comprendre que les lois de la nature sont des lois divines, mises en œuvre dans tout l’Univers à grande et petite échelle, à travers un mécanisme bien identifié dans le livre, dont le mode de fonctionnement est crypté à travers des codes que nous nous représentons mathématiquement et commençons à déchiffrer dans d’autres domaines : l’Ecriture Primordiale que lit la Conscience Cosmique dans laquelle baigne l’Univers tout entier. Dès lors, Dieu n’est pas mort, Il n’est plus nulle part, Il est partout. Il est assez satisfaisant pour tout esprit rationnel, que l’histoire de l’apparition et de la formation de l’Univers (inflation, expansion, matière noire, etc. …) telle que théorisée et observée par la science, soit contenue dans le Très Saint Coran. Il est encore plus remarquable, qu’il a fallu une somme fantastique de connaissances, de recherches et surtout de temps, pour vérifier l’exactitude et la pertinence des informations que ce dernier livrait à l’humanité dès le Moyen Age.

SOUMAREY Pierre Aly BONNE LECTURE

Informations bibliographiques

Titre : Les lois naturelles sont des loisdivines: Extrait de L’homme face à sa finalité -, Volume 1

Auteur : Pierre Aly Soumarey

Éditeur: Editions du Panthéon, 2014

ISBN : 2754725776, 9782754725774

Longueur : 620 pages