Le président Macky Sall aux côtés de François Hollande le 11 janvier dernier avant la marche républicaine, à Paris. AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET

Le président Macky Sall aux côtés de François Hollande le 11 janvier dernier avant la marche républicaine, à Paris.
AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET

Par RFI

Le ministre sénégalais de l’Intérieur annonce l’interdiction au Sénégal de la distribution et de la diffusion « par tout moyen » des éditions de mercredi de l’hebdomadaire français Charlie Hebdo, dont la Une comporte une caricature du prophète Mahomet, indique un communiqué transmis à l’Agence de presse sénégalaise. L’agence précise que le journal n’était plus distribué au Sénégal depuis deux ans, mais seulement disponible dans certaines librairies.

Est-ce un virage à 180 degrés ? Est-ce simplement une façon d’être plus en phase avec l’opinion publique sénégalaise qui dans l’ensemble, tout en condamnant la tuerie, se déclare choquée par la caricature du prophète ? Ce qui est sûr c’est que la présence à Paris, dimanche, du président Macky Sall aux côtés de ceux qui scandaient « Je suis Charlie » a été critiquée cette semaine dans la presse et sur les réseaux sociaux par des hommes politiques et des chefs religieux. Certains y ont vu une caution au blasphème, d’autres un nouvel acte d’allégeance à la France.

La dernière Une de « Charlie » a été perçue au Sénégal comme la provocation de trop, d’où cette décision du gouvernement sénégalais. Selon une source ministérielle, si Macky Sall est venu à Paris, c’est au « nom de la sacralité de la vie humaine ». S’il interdit aujourd’huiCharlie Hebdo, c’est au nom du respect de la foi religieuse.

Cela dit, selon l’agence de presse nationale et selon un libraire, Charlie Hebdo n’était pas distribué au Sénégal depuis près de deux ans. Un seul journal sénégalais avait reproduit la Une de Charlie Hebdo. Le journal français Libération de mercredi est également interdit.