Afrique Subsaharienne : autonomisation des femmes en milieu urbain et rural .

Image : Reuters/S. Hisham

En ce qui concerne les droits de la femme en Afrique Subsaharienne, le chemin s’annonce encore long. L’obtention du plein respect de leurs droits fondamentaux est non seulement jalonnée de difficulté, mais aussi de violence. Dans cet article, nous allons tenter de vous donner une image claire du droit de la femme en Afrique Subsaharienne et nous allons également mentionner son autonomisation que ce soit dans le milieu urbain ou rural.

Un bref résumé des droits de la femme en Afrique Subsaharienne

En Afrique Subsaharienne, les droits des femmes peuvent varier d’un pays à l’autre. En théorie, les femmes ont des droits égaux, mais la réalité est souvent une autre chose. Être une femme en Afrique est plus qu’un parcours du combattant. D’ailleurs, une étude de l’ONU Femmes publiée en 20191 révèle que « L’Afrique est la région du monde où les femmes ont le plus de risques d’être tuées par un partenaire intime ou un membre de la famille ». Autrement dit, à part les discriminations dans de nombreux domaines de la vie, les femmes en Afrique Subsaharienne font face à un danger constant et elles risquent même de mourir sous les coups de leur conjoint.

Certes, les femmes africaines ont traditionnellement joué un rôle important au sein de leur communauté, toutefois, leur statut reste limité par diverses normes sociales et culturelles. Les normes en question sont elles aussi codifiées par des lois et des pratiques souvent discriminatoires.

Cela se voit immédiatement à travers différents domaines de la vie : la politique, l’éducation, l’emploi… On peut remarquer que les femmes sont non seulement sous-représentées, mais elles doivent aussi faire face à diverses formes de discriminations (mutilation génitale, mariage précoce forcé, violence domestique…).

La réalité par rapport aux droits des femmes en Afrique Subsaharienne

Comme nous l’avons mentionné précédemment, les droits d’une femme en Afrique Subsaharienne restent, encore actuellement, entravés par diverses normes sociales, des lois discriminatoires et des pratiques culturelles ancestrales. Si nous parlons alors des limitations, il reste important de citer les réalités que cela engendre dans la vie quotidienne. Afin de vous donner une idée concrète, voici quelques-unes des réalités.

Une limitation à l’accès à l’éducation :

Dans de nombreux pays de l’Afrique subsaharienne, on rencontre souvent des filles qui sont désavantagées, par rapport aux garçons, en matière d’accès à l’éducation. Elles sont souvent obligées de se marier à un jeune âge, ou de travailler, ce qui limite leurs opportunités futures.

Une discrimination dans l’emploi

Face au manque d’éducation, peu sont celles qui ont accès à des emplois corrects. Encore, dans ce domaine, les femmes font souvent face à diverses discriminations. Cela peut être ressenti au niveau de l’embauche, des promotions et même au niveau des salaires perçus. En général, les femmes en Afrique Subsaharienne sont reléguées à des emplois non seulement précaires, mais aussi mal rémunérés.

Le mariage précoce et les violences domestiques

En Afrique, le mariage précoce est courant. Cela a un impact négatif non seulement sur la santé de la femme, mais aussi sur le bien-être des filles en général. En outre, les femmes doivent faire face à une violence conjugale qui englobe généralement des violences sexuelles et physiques.

La mutilation génitale féminine

Cette pratique est courante dans de nombreux pays d’Afrique Subsaharienne. D’ailleurs, une enquête effectuée par la croix rouge a pu montrer que « La Somalie par exemple a le taux le plus élevé au monde, avec environ 98 % des femmes ayant été excisées. Au Soudan, pays qui vient pourtant d’adopter une loi interdisant l’excision, ce sont toujours 9 femmes sur 10 concernées »2.

Au Sénégal, près de 2 millions de filles et de jeunes femmes ont subi une mutilation génitale en 2019 (Le Monde). © GEORGES GOBET/AFP.

Un accès limité aux soins de santé

Les femmes ont souvent un accès limité aux soins de santé de qualité, ce qui peut avoir des conséquences graves sur leur santé et leur bien-être.

En addition à tout cela s’ajoutent les différents conflits armés, les crises humanitaires et la pauvreté qui touche de nombreux pays de l’Afrique Subsaharienne. Cependant, il faut tout de même souligner qu’il y a des progrès dans la lutte pour les droits des femmes. Plusieurs pays ont adopté et mis en place des lois conçues pour protéger les droits de la femme. L’objectif est alors de lutter contre la violence à leur égard et contre la discrimination auxquelles elles font face. Diverses organisations au niveau de la société civile ont alors été mises en place afin de sensibiliser le public. C’est ce qui nous amène à un autre point, l’autonomisation des droits des femmes de l’Afrique Subsaharienne en milieu urbain et rural.

Comment parvenir à l’autonomisation des femmes en Afrique Subsaharienne ?

Force est de constater que l’autonomisation des droits des femmes en Afrique Subsaharienne reste un processus complexe. Cela se déroule différemment en milieu urbain et rural, et par-dessus tout, cela implique des changements importants tant au niveau des pratiques culturelles, tant au niveau des normes sociales et des lois discriminatoires qui entravent l’égalité des sexes. Dans cette partie, nous allons traiter la pratique au niveau des deux milieux (urbain et rurale) dans deux sous-parties différentes afin de pouvoir mettre en exergue les grandes différences.

1. L’autonomisation des droits des femmes en Afrique Subsaharienne en milieu urbain

En milieu urbain, le point le plus important à souligner est le fait que l’autonomisation des droits des femmes en Afrique Subsaharienne fait constamment l’objet d’une évolution. Cela implique un engagement auprès des divers acteurs concernés dans le but de fournir à chaque femme un moyen de prendre des décisions sur leur propre vie. Autrement dit, l’objectif est de permettre aux femmes de l’Afrique subsaharienne de participer pleinement à la vie économique et politique de leur pays et cela sans avoir à vivre dans la violence sexiste ou la discrimination.

En milieu urbain, on peut alors remarquer la mise en place de certaines initiatives dont les points clés sont les suivantes :

L’accès à l’éducation :

Les filles, tout comme les garçons doivent avoir accès à l’éducation. Cela va leur permettre d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires qui vont leur être utiles dans la recherche d’emploi. Grâce à ses bagages intellectuels, les femmes africaines peuvent alors saisir les opportunités économiques et ainsi contribuer au développement de leur pays.

Un accès aux opportunités économiques et à l’emploi

Avant la mise en place de ses lois, les femmes en Afrique Subsaharienne n’ont pas un accès égal à l’emploi, aux différentes opportunités d’entrepreneuriat et aux différentes ressources économiques (terres, crédits…). Afin de parvenir à l’autonomisation des droits des femmes, mes mesures ont donc été prises pour que ces dernières puissent s’épanouir pleinement.

L’accès à la participation dans la politique

Les femmes sont encouragées et soutenues lorsqu’elles décident de participer à la vie politique du pays. Que ce soit en tant qu’électrices, candidates ou même seulement en tant que responsables politiques.

L’élimination de la violence sexiste

L’inégalité des genres fait partie des plaies pour lesquelles les femmes sont souvent victimes en Afrique Subsaharienne. Il est donc capital de les protéger contre toutes formes de violences sexistes. Cela peut prendre la forme d’une violence physique comme la violence domestique, les agressions sexuelles ou la forme d’une violence psychologique comme le harcèlement.

La sensibilisation et le changement social

Les droits de la femme en Afrique Subsaharienne doivent constamment faire l’objet d’une sensibilisation. Son application doit être encouragée dans le but d’opérer des changements tant au niveau de l’égalité entre les hommes et les femmes, donc au niveau culturel, tant au niveau des normes sociales. Autrement, cela va entraver l’autonomisation des femmes.

L’accessibilité dans les services de santé de qualité et de bien-être

Une étude3 effectuée par le United Nations Population Fund stipule que l’Afrique a le ratio de mortalité le plus élevé au monde avec un pourcentage s’élevant à 57 % du nombre total des décès recensés dans le monde. Il est donc important de donner l’accès des services de santé de qualité aux femmes, que ce soit pour les soins prénatals ou pour les services de planification familiale.

La création d’un environnement sûr

Pour pouvoir s’épanouir correctement, les femmes africaines ont besoin de se sentir en sécurité. Cela englobe les espaces publics comme dans les transports en commun, dans les rues ou dans les lieux de travail.

En milieu urbain, l’autonomisation des femmes suit son cours, néanmoins, sa mise en place demande un soutien venant du gouvernement, des diverses organisations au niveau de la société civile, des médias et de tout un chacun. Cela va permettre la mise en place des conditions favorables à l’égalité des genres et donc à l’autonomisation des femmes.

2. L’autonomisation des droits des femmes en Afrique Subsaharienne en milieu rural

Contrairement à l’autonomisation des droits des femmes en Afrique Subsaharienne en milieu urbain, en milieu rural cela rencontre encore beaucoup plus de problèmes. Or, son enjeu est non seulement crucial pour le développement économique du pays, mais aussi pour son développement social et environnemental. En effet, les femmes issues du milieu rural font souvent face généralement aux mêmes défis, mais à cela s’ajoutent l’incompréhension et le refus du changement des personnes dans son environnement. Cela cause alors une grande difficulté pour l’autonomisation des femmes en milieu rural. De ce fait, l’accès à l’éducation, à l’emploi, aux services de santé… reste problématique. En plus de ces quelques points s’ajoutent les difficultés à l’accès aux différentes infrastructures de base telles que l’eau potable, l’électricité, les routes… ne facilitant donc pas la communication.

À part cela, il est important de noter que les femmes en milieu rural sont beaucoup plus impliquées dans diverses activités économiques informelles et dans l’agriculture. Elles ont donc un penchant pour les structures sociales traditionnelles. Tout comme les femmes en milieu urbain, elles sont aussi confrontées à des discriminations et des pratiques culturelles traditionnelles comme le mariage précoce et la mutilation génitale. À ce tableau s’ajoutent les difficultés à l’accès à l’éducation et à d’autres ressources les empêchant alors de se regrouper dans des associations afin de se mobiliser pour défendre leurs droits.

Autrement dit, à part les problèmes courants, les femmes en milieu rurales sont confrontées à des barrières beaucoup plus importantes que celles en milieu urbain. Toutefois, il faut aussi souligner que les différences ne sont pas absolues. Les situations sont à peu près les mêmes, et il en est de même pour les problèmes que l’on rencontre. De ce fait, si l’on veut à tout prix autonomiser les droits des femmes en Afrique Subsaharienne, il faut tenir compte de plusieurs facteurs notamment les contextes locaux et les mesures prises par le gouvernement. Enfin, pour atteindre cet objectif, la sensibilisation qui doit être associée à des mesures strictes devra être mise en place pour promouvoir l’autonomisation des femmes et les protections de leurs droits, peu importe le milieu d’où elles viennent.

Simplice Ongui
osimgil@yahoo.co.uk

 

Notes :

1 https://www.onufemmes.fr/nos-actualites/2019/11/25/feminicides-etat-des-lieux-de-la-situation-dans-le-monde

2 Explications données par Martine Pochon, Conseillère Régionale Protection pour la Grande Corne de l’Afrique

Mutilation génitale féminine

(https://www.eda.admin.ch/deza/fr/home/ddc/aktuell/newsuebersicht/2021/02/engagement-gegen-genitalverstuemmelung.html )

3 https://www.unfpa.org › jahia-news › Statements

 

Sources :

https://www.oecd-ilibrary.org

https://au.int/sites/default/files/documents/41625-doc-AU_GENDER_EQUALITY_WOMENS_EMPOWERMENT_AND_HIV_IN_AFRICA_FULL_REPORT_FRENCH_FINAL.pdf

https://deliverforgood.org

https://www.onufemmes.fr

Commentaires

Elles ont le droit de vivre

Le huit mars est-il la fête de la femme ? Ma réponse est “non” car utiliser le singulier, c’est ramener toutes les femmes à une seule, ce qui me semble fort réducteur. Et puis, s’agit-il de fêter les femmes quand plusieurs d’entre elles continuent d’être battues, tuées, chosifiées ou opprimées ? Pour moi, le huit mars veut avant tout rappeler aux hommes que les femmes ont le droit de vivre, quel que soit ce qu’on peut leur reprocher. Oui, elles ont le droit de vivre, de vivre en paix, de monter à la tribune, de gouverner, etc.

Si les femmes ne sont pas condamnées “à vivre éternellement à genoux”(Simone de Beauvoir dans “Le deuxième sexe”), elles ne sont pas non plus vouées à mendier, à dépendre financièrement des hommes, à se résigner à ce qui les fait souffrir.

Je leur souhaite donc de prendre leur destin en main, de relire les paroles de la poétesse russe Marina Tsvetaeva : “Les ailes ne sont liberté que lorsqu’on les déploie pour voler. Repliées sur le dos, elles ne sont que fardeau.”

Force et courage à toutes les femmes !

Dr. Jean-Claude DJEREKE