LIDER

« Parfois, c’est à une génération en particulier qu’il revient de se montrer à la hauteur. Vous pouvez être cette grande génération. Faites éclore votre grandeur ! » (Nelson Mandela)

eblin pascal fobah

Dr EBLIN Fobah, délégué national à la vie sociétale à LIDER

Dans quelques heures, la Côte d’Ivoire va célébrer ses 53 ans d’indépendance. A cette occasion qui rappelle la lutte glorieuse de nos parents pour l’autodétermination et un avenir plus sûr, LIDER voudrait rappeler à la conscience nationale ce que devrait constituer l’indépendance pour les populations, relativement à la question de l’autonomie, de la responsabilité et du mieux-être. En Côte d’Ivoire, cela est un leurre. Des systèmes politiques conçus sans leur implication réelle les ont enchaînées à un hypothétique et éphémère bien-être qui était, certes, une réalité au début des indépendances mais a fui leur quotidien depuis bien de décennies. Les retraités, les chômeurs, les jeunes, les paysans, les femmes, toutes les populations, d’une manière générale, sont l’otage de modèles dépassés et d’une classe politique qui, au lieu de regarder à travers le pare-brise, regarde dans le rétroviseur. La Côte d’Ivoire est, aujourd’hui, un pays malade, avec un déficit de démocratie criant, un taux de chômage excessif, un avenir incertain pour de nombreux jeunes, une cohésion sociale qui se délite, une crise post-électorale qui se prolonge avec des pro- de part et d’autre près à en découdre. Devant tant d’incertitudes et de problèmes, LIDER propose une nouvelle alternative, celle de l’indépendance pleine et vraie aussi bien pour la collectivité que pour chaque citoyen de ce pays. Au cœur de cette nouvelle indépendance se trouve la responsabilité de chacun pour qu’il soit l’acteur principal de sa richesse et de se mieux-être, encadrés bien-sûr par les pouvoirs publics qui se limitent au simple rôle de créer les conditions réglementaires pour que cela soit possible. Pour comprendre cette posture, chacun devrait s’interroger :

– Que signifie l’indépendance pour le paysan dont le propriétaire de la terre de ses ancêtres sur laquelle il travaille reste l’Etat et qui, en plus, est privé de droit de propriété par ce même Etat accapareur ?

– Que signifie l’indépendance pour le jeune diplômé incapable de trouver un emploi décent, à part devenir gérant de cabine téléphonique ou être réduit à se lancer dans l’informel ?

– Que signifie l’indépendance pour les nombreux élèves et étudiants dont l’avenir le plus sûr est le chômage, massif d’ailleurs ?

– Que signifie l’indépendance pour tous ces déscolarisés ou ces recalés du système scolaire qui n’ont d’autre voies de salut que dans ce qu’on appelle le secteur informel ?

– Que signifie l’indépendance pour les travailleurs d’aujourd’hui dont la retraite de demain semble hypothéquée par le système dépassé de la répartition et qu’on oblige à travailler plus longtemps pour espérer les voir mourir un peu plus tôt et faire des économies ?

– Que signifie l’indépendance dans un contexte économique monopolistique qui tue la concurrence et nuit à la qualité de l’offre offerte au consommateur ?

– Que signifie l’indépendance quand le système bancaire ne finance pas le développement alors qu’il présente de la surliquidité ?

– Que signifie l’indépendance dans un contexte d’hyperprésidence qui étouffe la démocratie et tout ce qui l’accompagne ?

– Que signifie l’indépendance dans un pays artificiellement divisé sous le prétexte de permettre à certaines personnes d’avoir la carte nationale d’identité et avec un terme exclusif comme le rattrapage ethnique accompagné de son lot de chômage ethnique ?

– Que signifie l’indépendance dans un pays où règne l’impunité pour les partisans du pouvoir et la vengeance justicière pour ceux du pouvoir déchu ?

– Que signifie l’indépendance dans un pays où le climat politique n’est pas consensuel et dans lequel les dirigeants cherchent à enfariner l’opposition et l’offrir en trophée au premier visiteur venu plutôt que de créer les conditions pour des élections à venir démocratiques, sans tripatouillages et violences ? Le chapelet des questions est sans fin tellement la situation de la Côte d’Ivoire est des plus préoccupantes et, nous nous arrêtons là.

Chacun, à son niveau, s’interroge et nous voudrions nous interroger avec chacun. Mais au-delà, nous voudrions donner la position de LIDER sur ces interrogations. LIDER est pour l’indépendance vraie grâce à laquelle chacun sera responsable de lui-même et de son bien-être par une politique incitatrice. LIDER estime qu’il est temps d’adopter de nouveaux paradigmes sociétaux, différents de ce que nous avons eu jusque-là, qui libèrent les intelligences, les individus et leur permet de se prendre en charge en donnant sens au mot dignité. C’est la seule alternative pour donner espoir à ces 22 millions d’ivoiriens qui s’interrogent et interrogent l’avenir.

            Un meilleur fonctionnement démocratique des institutions, avec un président qui n’est plus le faiseur de pluie et de beau temps, monarque déguisé

Le malheur de la Côte d’Ivoire a été d’adopter le régime présidentiel dans sa forme la plus détestable, avec un président aux pouvoirs forts qui, parfois, en abuse. Dans ce régime, le président domine et écrase tout le système étatique, rendant les autres pouvoirs impuissants dans l’accomplissement de leur mission. A la tête de l’Etat se trouve donc un hyper-Président qui se comporte comme un roi. LIDER propose d’adopter le régime parlementaire qui favorise l’équilibre des institutions et un meilleur contrôle de l’action gouvernementale qui se fait en temps réel. La corruption y est moins présente que dans le régime présidentiel parce que les gouvernants sont responsables devant les députés qui peuvent les démettre.  Celui qui paye l’impôt doit avoir le droit de contrôler celui qui effectue la dépense publique. Et, le régime parlementaire permet de demander des comptes aux gouvernants, aux ministres, aux députés. Les détournements de deniers publics et la corruption pourront ainsi être considérablement réduits à défaut de les faire disparaître totalement. Le régime parlementaire permet aussi d’éviter la régionalisation et la tribalisation de la vie politique ainsi que la prise en otage du pays par un individu qui ne voudrait faire la promotion sociale que de son seul groupe tribal ou de son groupe ethno-religieux. On donnera ainsi tout son sens à la démocratie, pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple.

            L’indépendance pour les jeunes par l’auto-emploi

L’école en Côte d’Ivoire apprend aux enfants à lire et à écrire mais ne les prépare plus, depuis longtemps, à une carrière professionnelle. Avoir du travail après avoir obtenu des diplômes est une gageure et relève de la chance et non plus de la logique qui veut que l’emploi succède à l’obtention des diplômes. LIDER veut que cela cesse. LIDER, contrairement aux régimes actuel et précédents, ne promet pas d’embaucher des milliers de personnes dans la fonction publique – qui est déjà plus que saturée – ou de les pousser dans l’informel, tel que cela est écrit en toutes lettres dans le programme de l’actuel chef de l’Etat. Notre vision de la résorption du chômage passe par la promotion de la libre entreprise et l’innovation. Nous nous engageons à mettre en œuvre le cadre nécessaire pour faciliter la création d’entreprises à moindre coût et à moindre délai, à encourager la jeunesse à sortir de l’informel en simplifiant et en allégeant la pression fiscale sur les jeunes entrepreneurs et à cultiver et célébrer la créativité, l’innovation et l’esprit d’entreprise dès le plus jeune âge, à travers un système éducatif réformé dès le primaire et adapté aux défis du monde moderne. On aura ainsi des têtes bien faites et des mains prêtes à l’emploi au lieu des seules têtes pleines que produit le système éducatif actuel. On aura aussi qui produiront eux-mêmes leur propre richesse plutôt que d’attendre l’aumône de l’Etat.

            L’indépendance pour les populations rurales par l’accès à la propriété

Que de fois ne nous a-t-on pas chanté que le succès de ce pays repose sur l’agriculture ? Malheureusement, les populations rurales ne savent pas que la terre sur laquelle ils travaillent et qui constitue un legs de leurs parents et aïeuls appartient à l’Etat. Cela a justifié la politique, qui a été à la base de nombreux conflits, selon laquelle la terre appartient à celui qui la met en valeur. Pour LIDER, les droits de propriété coutumiers et privés sur les terres doivent être reconnus. Mais cela ne peut se faire efficacement que par le cadastrage de l’ensemble du territoire national dont la finalité sera la distribution de titres fonciers définitifs aux populations. Avec un titre foncier en main, les propriétaires pourront louer, commercialiser ou transmettre sans problème leur terre à leur descendance. Ils pourront aussi hypothéquer cette terre auprès des banques pour bénéficier de prêts au lieu de la vendre à vil prix quand un problème d’argent se pose à eux. Les terres, ayant ainsi des propriétaires reconnus devant la loi, les conflits intercommunautaires pour des questions foncières pourraient prendre fin.

            L’indépendance pour les retraités : la retraite par capitalisation  

Au lieu de la retraite par répartition qui fonctionne comme une sorte de grande tontine suivant les cotisations prélevées sur les salaires et qu’on répartit ensuite entre les différents retraités, LIDER propose la retraite par capitalisation. On a beau repousser l’âge du départ à la retraite et augmenter les taux de cotisation, les déficits persisteront et, il y a une limite au-delà de laquelle on ne pourra plus rien augmenter. On n’osera tout de même pas, par des politiques de rallonge, fabriquer des morts ambulants déambulant sur les lieux de travail ou des loques humaines épuisées par le poids de l’âge et du travail. On n’osera pas non plus accroître indéfiniment les taux de cotisation au risque de compromettre même le présent des actifs et leur avenir de futurs retraités. La retraite par capitalisation semble, aujourd’hui, la meilleure voix que devraient emprunter les pays africains dont l’économie et la démographie restent dynamiques. Dans ce système, chacun épargne pour ses vieux jours. Mais on nous dira : « où est la différence avec le système de la répartition ? » La différence est nette parce qu’il ne s’agit pas d’une collectivisation des prélèvements. Les cotisations qu’on prélève aux travailleurs, qu’ils soient du secteur formel ou du secteur dit informel, font l’objet de placements financiers ou immobiliers qui lui reviennent avec des taux d’intérêt. Cela accroît ses gains, son autonomie financière et lui garantit une meilleure couverture sociale. Ce système a un impact notable sur le PIB qui connaît une croissance importante. L’épargne des cotisants constitue un véritable vivier pour le financement de l’investissement ; ce qui, en dernier ressort, impacte positivement la croissance. Le Chili est passé à ce système il y a 31 ans et 95 % des travailleurs ont choisi librement le nouveau système. La prospérité s’est accrue d’une façon spectaculaire et le taux de croissance atteint régulièrement 7% par an. Au Chili, le taux de chômage était de 6% en 2011.

            C’est cela l’indépendance que LIDER aspire à donner à chacun et à la Côte d’Ivoire dans son ensemble. Ce n’en est qu’un aperçu. Le chantier est immense et, tous les points n’ont pas été visités dans cet article. L’ancienne Côte d’Ivoire a empêché les populations de grandir et de s’épanouir véritablement et d’être indépendantes au sens plein du terme. LIDER leur propose un nouveau contrat social, pour l’indépendance, la vraie, qui leur permettra d’être elles-mêmes acteurs de leur épanouissement et du développement collectif.

Bonne fête de l’indépendance à toutes et à tous

Dr EBLIN Fobah, délégué national à la vie sociétale à LIDER

Membre de la Cellule de Veille de  LIDER