Ce 4e dimanche de Pâques tourne le regard des chrétiens catholiques vers le bon berger. Pourquoi Jésus affirme-t-il qu’il est le bon berger ? Parce qu’il connaît ses brebis, parce qu’il porte sur son dos celle qui est fatiguée, malade ou blessée, parce qu’il protège le troupeau contre les animaux dangereux, parce qu’il ne surveille pas les brebis (surveiller = contrôler, faire la police) mais veille sur elles, leur permet de sortir de la bergerie et d’y revenir librement, parce qu’il est prêt à perdre sa propre vie afin de sauver celle du troupeau, etc.

Ce qui le distingue aussi du mauvais berger, c’est que son bâton ne sert pas à frapper mais à guider. Le psaume 23 le disait déjà à propos de l’Éternel : “ Ton bâton me guide et me rassure.” Combien sont-ils, les évêques qui n’écrasent pas, ne piétinent pas, ne martyrisent pas inutilement leurs prêtres mais les rassurent et les guident ? Combien de prêtres et d’évêques sont en mesure de partager la vie simple de leurs brebis, de prendre la défense de leur pays quand il est pillé, occupé, voire bombardé par un autre pays (la France) ? Combien d’entre eux sont capables comme Moïse d’affronter les Pharaons et Hérodes de notre temps qui affament, terrorisent et oppriment les peuples ?

Ce dimanche est aussi appelé le dimanche des vocations. C’est le moment de nous souvenir que, si un homme ou une femme prétend que Dieu l’a appelé (le verbe latin “vocare” signifie appeler), ce n’est pas pour avoir dans l’Église plus d’argent, plus de pouvoir et plus de titres mais parce qu’il (elle) veut marcher dans les pas de Jésus qui n’avait pas où reposer sa tête, vivre dangereusement comme il a vécu. Car, ne l’oublions jamais, le message de Jésus est aussi subversif que sa vie.

Jean-Claude DJEREKE