La France aide l’Afrique francophone. Avant 1960, elle y a construit hôpitaux, écoles, ponts et routes. Ses soldats, missionnaires et entreprises y sont aujourd’hui de manière désintéressée ; le gouvernement français contribue à la démocratisation de cette partie du continent noir, etc. Bref, sans la France, les Africains crèveraient. Plusieurs Français continuent de croire à ces mensonges. Eva Joly, Franco-norvégienne et ancienne juge d´instruction au pôle financier du Palais de justice de Paris, elle, tord le cou à ces idées reçues dans « La force qui nous manque » (Paris, Éditions Les Arènes, 2007). En voici trois passages significatifs : « On maintient là-bas des régimes assis sur la misère, cette longue mèche d’un monde explosif. » « La France fait semblant d’aider des pays qui sont riches en matières premières. » « Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. À certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l’Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d’un avis d’expulsion. » 4 ans après la parution de l’ouvrage d’Eva Joly, certains étaient encore convaincus dans l’Hexagone que leur pays accueillait la misère du monde, que les immigrés coûtaient cher parce qu’ils recevaient plus d’aides sociales et prenaient les emplois des natifs. Faux, répondirent 30 parlementaires français dans un rapport rendu public le 11 mai 2011. Pour eux, les immigrés rapportent plus qu’ils ne coûtent à l’économie française (https://www.20minutes.fr/…/722873-20110512-immigres-rapport…). Philippe Legrain leur emboîtera le pas en mai 2016 dans son rapport « Refugees Work » qui révèle que les réfugiés donnent plus qu’ils ne recoivent ( https://www.ouest-france.fr/…/les-refugies-rapportent-plus-… Conclusion : L’Afrique n’a jamais été aidée par la France. Elle ne lui coûte rien du tout. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières, elle a plutôt donné à la France. Pire encore, elle a été pillée et brutalisée par elle. Les choses peuvent-elles changer un jour ? « Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique ; ce qu’une génération a fait, une autre peut le défaire. C’est possible », rêve Eva Joly. Laurent Gbagbo et d’autres Ivoiriens sont connus et reconnus comme ceux qui ont arraché le multipartisme en 1990. Notre génération, que fera-t-elle de décisif pour la Côte d’Ivoire ? Quel(s) acte (s) fort(s) posera-t-elle pour qu’on se souvienne d’elle ? Comment compte-t-elle entrer positivement dans l’Histoire ? N’avons-nous pas l’obligation de faire mieux que nos devanciers ? Et si nous tracions notre propre route au lieu de nous abriter toujours derrière Houphouët et Laurent Gbagbo ? Ceux-ci ont mené les combats de leur temps. Jean-Claude DJEREKE