La situation des migrants dans les pays africains continue d’être alarmante

BANJUL, Gambie, 19 décembre 2019/ — Par Commissaire Maya Sahli Fadel, Rapporteure Spéciale sur les Réfugiés, les demandeurs d’Asile, les personnes déplacées et les migrants en Afrique.

L’année 2019 peut être considérée comme une année sombre pour les migrants au vu des nombreux drames qui l’ont jalonnée et dont le dernier en date concerne la mort de 60 gambiens au large des côtes mauritaniennes.

La situation des migrants dans les pays africains continue d’être alarmante, mais nous constatons une prise de conscience progressive et des mesures adéquates sont sur le point d’améliorer leur situation et d’y apporter des solutions durables.

En cette année 2019 déclarée année des réfugiés, déplacés internes et retournés, par l’Union africaine, il sied de rappeler aux Etats qu’il est plus qu’important de mettre en œuvre les dispositions du Pacte mondial sur la migration en l’incluant dans leurs plans nationaux de développement.

Bien que la migration est toujours présentée comme une source de problème, nous ne devons pas oublier qu’elle constitue également une contribution durable au développement tant pour le pays d’origine que pour le pays de destinations, notamment à travers les activités économiques que développent les migrants dans leurs pays d’accueil et les dividendes qu’ils envoient dans leurs pays d’origine.

Les migrants continuent de souffrir des violations de leurs droits fondamentaux, notamment pendant leurs parcours migratoires ou ils doivent faire face à des diverses situations, y compris des violences physiques, des viols et d’autres traitements dégradants et inhumains.

La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (la Charte africaine) fait obligation aux Etats parties à agir en vue de la protection effective des populations sur leur territoire, notamment par le respect de l’article 5 qui garantit à tout individu le droit au respect de la dignité inhérente et protège l’individu de toute formes d’exploitation et d’avilissement de l’homme notamment l’esclavage, la traite des personnes, la torture physique ou morale.

En cette journée internationale des migrants, nous devons nous rappeler qu’il est fondamental de traiter le migrant avec dignité, notamment en vertu des droits garantis par la Charte africaine qui ne sont que le reflet de valeurs africaines.

La Rapporteure spéciale sur les réfugiés, les personnes déplacées internes, les demandeurs d’asile et les migrants en Afrique de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (la Commission africaine), invite les Etats africains à mettre en œuvre le cadre de politique migratoire pour l’Afrique et son plan d’action (2018-2030), ainsi que le Protocole instituant la communauté économique africaine, relatif sur la libre circulation des personnes, au droit de résidence et au droit d’établissement et enfin s’inscrire sur les objectifs de 2063.

Elle demande également aux Etats de renforcer la coopération interétatique au niveau régional pour une bonne gestion de la migration en transcendant l’image négative qu’elle renvoie.

Enfin, elle encourage l’Union Africaine, et les Etats parties à la Charte africaine, à poursuivre les efforts engagés dans la mise en œuvre d’une gouvernance sur la migration et à mettre en œuvre les engagements pris pour mettre un terme aux causes profondes de la migration, et prévenir la survenance des tragédies telles que les pertes de vies humaines et les trafics humains.

SOURCE

African Commission on Human and Peoples Rights