On dit qu’il a un doctorat en économie mais on n’a jamais vu un ouvrage écrit par lui dans son domaine. Même un petit article de lui sur la monnaie et l’économie africaines, ça n’existe nulle part. On ne sait pas non plus quelle maison d’édition a publié sa “thèse”. Enfin, les faibles d’esprit qui se laissent abuser par lui répètent à l’envi qu’il était au FMI sans se poser la question de savoir quelles couleuvres il avala pour y entrer. Ils parlent de leur gourou comme si ce dernier était le 1er Africain à travailler dans cette institution. Or le brillant économiste camerounais Tchundjang Pouémi y fit ses preuves avant lui. Plus tard, Tchundjang enseigna à l’Université d’Abidjan, écrivit ” Monnaie, Servitude et Liberté ” qui attaque frontalement la vassalisation de l’Afrique par le biais du franc CFA. S’il démissionna du FMI, c’est précisément parce qu’il percevait ce machin comme une organisation qui fabrique de la misère. En 1979, en effet, Tchundjang vit des Nicaraguayens protester devant les bureaux du FMI contre un prêt accordé au dictateur Anastasio Somoza. Les manifestants brandissaient des pancartes portant cette inscription : “Instant Misery Fund” . Pour Tchundjang, le FMI n’est rien d’autre qu’un Fonds de misère instantanée parce que les plans d’ajustement structurel, partout où ils furent appliqués, ne laissèrent derrière eux que misère et pauvreté. Or plus un pays s’appauvrit, moins il est capable de prendre en charge la santé et l’éducation de ses populations, et plus il abandonne les clés de sa souveraineté économique entre les mains de ceux qui lui ont conseillé de passer sous les fourches caudines du FMI.

Jean-Claude Djereke