Face aux divergences politiques, un seul remède : La démocratie

[Première partie] [Deuxième partie]

Résumons-nous donc pour vous permettre de mieux suivre notre analyse. Dans la première et la seconde parties, nous avions respectivement et très fermement rejeté les arguments historique et idéologique comme des raisons solides, susceptibles d’être assez suffisantes pour constituer des freins à une éventuelle alliance FPI-PDCI. Ainsi cette troisième partie va particulièrement s’attaquer à l’argument politique qui a été aussi brandi par l’auteur de l’article  en question. Sur le plan purement politique, l’auteur pressent en effet un autre problème sérieux qui pourrait, selon lui, naître des divergences de vue et d’opinion au sein du PDCI-RDA, l’allié que convoite le FPI pour affronter 2020 dans une réelle perspective de victoire.

Voici ce que nous lisons : « Si la tendance du FPI conduite par Affi est prête à nouer une alliance avec le PDCI, il n’est pas sûr qu’au PDCI, tout le monde soit favorable à ce rapprochement ».  Un délégué départemental du PDCI-RDA, ancien député, est même montré comme un exemple de refus quand il affirme : « Au PDCI, de nombreux militants ne sont pas encore disposés à valider une alliance avec le FPI, j’en fais partie ». Cependant si l’auteur prend le soin de rappeler que le maire PDCI du Plateau accueille  favorablement  l’idée d’alliance entre son parti et le FPI,  il oublie de citer d’autres barons du vieux parti comme le député-maire de Guéyo qui devraient s’ajouter à la liste de ceux que cette idée séduit déjà ou qui la trouvent tout simplement réalisable.

Dans tous les cas, nous pensons très sincèrement que toutes les réticences de ce genre pourraient avoir leurs raisons d’être, celles qui aujourd’hui sont exprimées au PDCI tout comme celles qui demain pourraient éventuellement apparaître au sein du FPI. Mais face aux divergences politiques dans tout parti de masse, le  meilleur remède a toujours été la démocratie participative.

Dans ce sens, le PDCI-RDA pourrait bien s’inspirer de l’exemple allemand pour éviter ces discordances sur un sujet d’une telle transcendance et le FPI devrait aussi le faire pour anticiper. Au niveau de la grande coalition formée par la CDU et le SPD en Allemagne, les choses s’annonçaient d’abord très difficiles vu que certains militants SPD s’y opposaient très farouchement. Mais cette situation quelque peu confuse va drastiquement changer avec la décision prise par ce parti d’impliquer la base dans la prise de cette importante décision. Quand alors le Comité spécial chargé des négociations mis en place par les deux formations politiques aura terminé son travail, le principe de cette cohabitation sera soumis au vote des militants sociaux-démocrates. Ce qui revient à dire que l’accord signé entre Angela Merkel et Martin Schulz  n’entrera en vigueur qu’après sa ratification par la majorité des 463.000  adhérents du SPD  (y compris les 24.000 nouveaux affiliés de 2017).

Les militants sont si écoutés dans le système politique allemand que pour la répartition des 15 postes ministériels prévus pour le gouvernement de coalition, Martin Schulz à qui ils ont retiré leur confiance après la débâcle électorale face à la CDU, s’est vu obligé de renoncer au poste de ministre des Affaires étrangères qu’il devait occuper auprès de Merkel. Il avait été pris au mot par ses camarades de parti pour avoir martelé pendant la campagne qu’il ne serait jamais ministre dans un gouvernement dirigé par sa rivale Angela Merkel. Finalement il démissionnera de la présidence du SPD et l’intérim assuré par Olaf Scholz aboutira à la désignation (inattendue) de Andrea Nahles, 47 ans, pour occuper le poste de présidente du SPD. Si le congrès qui se tiendra le 22 avril 2018, à Wiesbaden (Hesse), entérine cette désignation, Nahles deviendra alors la première femme portée à la tête du plus vieux parti politique allemand, un parti fondé en 1875.

Refermons cette petite parenthèse pour dire que, pour asseoir solidement leur accord d’alliance dans les cœurs et les esprits de leurs militants respectifs, le FPI et le PDCI pourraient, chacun de son côté, ouvrir un débat de fond en leur sein, procéder au vote et faire prévaloir la démocratie. Cela pourrait bien clore le chapitre des éventuelles dissensions internes d’un côté comme de l’autre, actuellement ou dans le futur, même si au PDCI, comme il le dit lui-même, le dernier mot revient toujours à Bédié. Un tel état des choses a sûrement ses inconvénients mais les avantages restent nombreux, vu que contrairement à ce que pense l’auteur de l’article, le Sphinx de Daoukro pourrait lui-même avoir diverses raisons pour rompre avec le RDR et s’allier au FPI.  Nous en parlerons dans la prochaine et dernière partie de notre analyse.

A SUIVRE ………

Océane Yacé, Politologue, Monte-Carlo, Monaco