Par M. Pierre Soumarey Aly, Auditeur, Ecrivain et Essayiste

Fausse ou vraie, cette révélation est d’une gravité telle, qu’elle interpelle notre vigilance citoyenne. Il s’agit d’une action se situant au même niveau que la préparation d’un coup d’État, et elle associe les armes à l’image d’un personnage politique, dans un contexte qui le dessert.

  1. A) – HYPOTHÈSE D’UNE INFORMATION VRAIE :

La circonstance d’une telle information ou découverte, devrait conduire dans n’importe quel pays au monde, la personne visée par un tel projet criminel, à saisir la justice aux fins d’une enquête pour, à la fois permettre d’établir le fait (manifestation de la vérité) et en déterminer la responsabilité (origine de cette information, auteurs présumés, mobiles et mode opératoire). S’agissant d’une institution de la République, la représentation nationale devrait s’en préoccuper en interrogeant le Gouvernement sur la véracité ou la fausseté de cette information, et au besoin demander une enquête parlementaire sur une telle allégation ou menace. A défaut, le Gouvernement lui-même, devrait saisir la justice pour élucider les contours de cette accusation qui porte en elle, une menace directe sur les Institutions de la République (crise au sommet de l’État), la paix sociale et la stabilité politique du pays. Car si cette allégation s’avérait exacte, il s’agirait d’une situation très préoccupante et d’un acte sans précédant dans notre pays, qui établirait le caractère criminel d’un régime, qui violerait non seulement le droit, mais toutes nos valeurs morales. Ceci est très grave.

  1. B) – HYPOTHÈSE D’UNE INFORMATION FAUSSE

Si l’information était fausse ou inventée de toutes pièces, le fait que les auteurs et les relais de celles-ci ne sont ni inquiétés, ni poursuivis devant la justice, comme ils devraient l’être et méritent de l’être, est choquant (manque de réactivité) et désespérant pour l’état de droit . Or, les mobiles qui pourraient être à l’origine d’une telle entreprise de manipulation de l’opinion publique sont assez scandaleux et dangereux : victimisation artificielle pour accroître un capital de sympathie, préparer l’opinion publique à une future action qui se justifierait sous le prétexte d’une légitime défense, en réalité imaginaire, créer une crise institutionnelle en vue d’en tirer des dividendes politique. La lecture de notre histoire nous prouve que notre crise et nos guerres ont été voulues par les principaux protagonistes de la société politique, qui n’ont pas hésité à exploiter des prétextes et à utiliser le populisme pour arriver à leurs fins. Parfois pour s’approprier le pouvoir, parfois pour en tirer profit (notre crise à enrichit certaines personnes et a profité à nos voisins). Est-ce une façon d’empêcher la réalisation d’un scénario de succession ou d’un projet de société, faute d’en avoir soi-même? Est-ce une façon de vouloir diviser la société ou de se chercher des alliances politiques ? Une telle manœuvre d’intoxication profite à qui ? Qui en sont les commanditaires et dans quel dessein agissent-ils ainsi ? Dans tous les cas, ces individus doivent être arrêtés, car très dangereux pour la Républiques.

CONCLUSION

Or, nous observons un silence total sur cette actualité, et surtout une absence de réaction des Institutions de la République devant l’extrême gravité de cette information. Pourquoi celui dont la vie est supposée menacée et ceux qui sont accusés ne réagissent-ils pas, comme on est en droit d’attendre de leur part ? Cette situation doit nous inquiéter, à plus d’un titre, et nous oblige à exiger la vérité sur cette affaire, et à réclamer que des suites judiciaires y soient données. Un projet d’assassinat n’est pas une affaire banale ou un fait divers. Il s’agit de préméditation de meurtre. Dès lors, cette affaire mérite d’une part, plus d’attention, et d’autre part, plus de vigilance, car en définitive c’est la paix sociale et la stabilité institutionnelle de notre pays, qui sont menacées d’assassinat, et nous ne voulons pas de troubles d’aucune sorte, d’où qu’ils viennent. Les médias ne doivent pas non plus allumer artificiellement des feux (obligation de vérification des sources et des faits rapportés sur des questions aussi sensibles relevant de la paix sociale et de la sécurité de l’État) sans que leur responsabilité ne soit engagée, comme il se doit dans tout état de droit. Nous avons encore un souvenir douloureux d’une pratique aussi contestable. Si KOACI s’en fait une coutume ou une spécialité, Il faut l’en dissuader par tous les moyens qu’offre la Loi. Nous devons vraiment faire attention à ce que nous faisons dans ce contexte pré-électoral assez tendu. La paix en dépend.