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Le président sud-africain Jacob Zuma, le 19 février 2015 au Parlement, lors de son discours à la nation.
REUTERS/Mike Hutchings

Par RFI

En Afrique du Sud, un débat houleux a eu lieu lundi soir au Parlement au sujet de la présence du président soudanais lors du sommet de l’Union africaine à Johannesburg. La semaine dernière, Omar el-Béchir a discrètement quitté le territoire avant la fin du sommet alors qu’une ONG de défense des droits de l’homme avait saisi en urgence la justice pour qu’il soit arrêté. L’opposition sud-africaine a condamné l’attitude de Pretoria, qui a permis le départ du président soudanais sans encombre.

C’est quasiment toute l’opposition qui s’en est prise au gouvernement de Jacob Zuma, l’accusant d’avoir violé la Constitution en laissant partir le président soudanais malgré une décision judiciaire. Pour Stevens Mokgalapa, du principal parti d’opposition l’Alliance démocratique, le gouvernement s’est rendu complice d’un crime. « Le gouvernement de l’ANC a commis un crime en permettant à un homme recherché d’échapper à la loi, a-t-il déclaré.Réfléchissons juste une minute à ce que cette complicité du gouvernement veut dire aux 300 000 personnes qui ont été assassinées au Darfour par le président Omar el-Béchir. »

Les députés du parti au pouvoir ont tenté de justifier que le président soudanais jouissait d’une immunité en participant à un sommet de l’UA. « Le président el-Béchir a été invité au sommet de l’Union africaine, soutient Obed Bapela, ministre adjoint des Affaires traditionnelles. Il ne rendait pas visite à l’Afrique du Sud, il n’était pas en visite d’Etat ici. Il a participé à une réunion de l’UA sur le sol sud-africain. En 70 ans d’existence des Nations unies, les Etats-Unis n’ont jamais tenté d’arrêter quelconques leaders. »

Mais le débat est allé bien plus loin, les députés de l’ANC remettant en cause l’impartialité de la Cour pénale internationale, ajoutant qu’il était temps que l’Afrique du Sud revoit sa coopération avec cette cour. Un député ANC est même allé jusqu’à accuser les pays occidentaux d’utiliser les Africains pour effectuer les basses besognes.

Le gouvernement sud-africain a jusqu’à vendredi pour soumettre à la Haute Cour de Pretoria une explication écrite et sous serment de comment el-Béchir a pu quitter le territoire, malgré une interdiction de cette cour.