« La liberté ne peut être sauvegardée qu’en suivant des principes et on la détruit en se servant d’expédients »
(Hayek).

 Cote-d-Ivoire-Elections

Depuis 2011, le Président Laurent Gbagbo est l’otage d’une nébuleuse occidentale dont les ramifications sont africaines. Les années passent mais se ressemblent tant du côté des colons occidentaux que des démocrates ivoiriens. Les premiers ont décidé de maintenir le Président Gbagbo, en prison, malgré les insuffisances de preuves contre lui et les seconds n’ont pas encore compris leur responsabilité historique dans ce combat. Et pourtant, il est temps que la CPI respecte les Africains. L’année 2018 doit correspondre à celle où les forces du mal doivent comprendre que la soumission a une période et une fin. Nous devons user de tous les moyens pour que les colons occidentaux libèrent enfin le Président Gbagbo. La CPI est une institution qui n’a jamais eu de légitimité. Depuis sa création, elle a fait que du faux, harcelant les faibles et protégeant les forts. Ce qui est d’ailleurs contraire à la recherche de justice. La CPI est un instrument politique de tutelle et de domination néocoloniale. Elle permet aux puissances occidentales, et notamment aux anciens Etats coloniaux, d’imposer aux Africains leur conception de la justice et du droit. Cette institution politico-judiciaire permet d’éliminer les dirigeants africains qui dérangent l’ordre néocolonial établi. La CPI a pour rôle d’intimider les gouvernants africains qui ne servent pas les intérêts occidentaux. Mais face à eux, nous devons redoubler d’efforts, dans les idées et stratégies, pour la libération du Président Gbagbo. Si la priorité peut être définie comme l’état d’une chose qui est la première de plusieurs autres, ou qui est avant une autre, alors, il est possible de dire, que la priorité des démocrates ivoiriens, pour cette nouvelle année, est la libération du Président Gbagbo. Le principe de liberté induit l’existence de la liberté individuelle, d’opinion, d’expression, de réunion, de culte, de la liberté syndicale et du droit de grève. La liberté est inscrite dans la nature de l’homme, elle a pour vertu d’épanouir sa dignité, et pour vice de le dégrader. La liberté est garantie par des règles nées de l’expérience, fruits d’un processus historique d’essais et d’erreurs. Les règles de la liberté garantissent à tout être humain la vie, la liberté, la propriété. On peut même dire que la liberté  est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui; elle a pour principe la nature, pour règle la justice, pour sauvegarde la loi; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait. Dans un pays qui se veut émergent, on ne comprend pas, pourquoi privé au Président Gbagbo, ce qu’on accorde aux anciens rebelles ? La simple évocation de cette injustice devrait constituer le stimulant nécessaire aux démocrates ivoiriens pour travailler activement à la libération du Président Gbagbo. Dans cette quête pour le changement dans notre pays, les élections restent le moyen certain de satisfaire les espérances de notre peuple. En effet, la démocratie a recours aux processus électoraux pour déterminer quels citoyens se verront confier la responsabilité fondamentale de gouverner. C’est par le vote qu’on arrive à briser l’élan des despotes pour construire une société nouvelle. C’est par le vote qu’on arrive à proposer des alternatives aux souffrances présentes. Il est admis qu’une organisation peut avoir différentes finalités : exister et survivre, se développer et se diversifier, conserver son indépendance et permettre à chacun de réaliser ses aspirations.  De ce point de vue, les élections de 2010 constituent pour les démocrates et patriotes ivoiriens, une de nos finalités. Les finalités d’une organisation traduisent sa vocation, sa raison d’être, les buts qu’elle s’est fixée dès sa création, alors que les objectifs permettent d’atteindre ses finalités. Il en résulte donc que la libération du Président Gbagbo, reste une priorité de premier rang. Le silence est désormais lâcheté et l’immobilisme, un acte de capitulation.

Dr. Prao Yao Séraphin