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(Fasozine) – Après un mois passé en France où il a été opéré d’une sciatique, Alassane Ouattara vient d’effectuer un retour triomphal en Côte d’Ivoire. Avec ce come back, le «ressuscité», comme le clamait l’immense foule venue l’accueillir à l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, donnait une réplique sans bavure à ceux qui, suivant la rumeur, ou à dessein, l’avait déjà enterré.

Certes, cette liesse populaire savamment organisée par les partisans de l’homme fort d’Abidjan et leurs alliés du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a son côté négatif car pouvant développer ou attiser, c’est selon, le culte de la personnalité chez le locataire du palais de Cocody. Mais il a l’avantage d’avoir rassemblé, à en croire la RTI, la chaîne nationale, des militants de tous les partis dont le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo, l’ennemi cordial de Alassane Ouattara.

alassane-ado17Et c’est tant mieux si le retour à la vie de ADO peut donner un coup de fouet à la mayonnaise de la réconciliation ivoirienne qui a du mal à prendre, dans ce pays qui a failli sombrer dans le chaos total du fait de la guerre civile et du conflit postélectoral qui l’ont secoué jusque dans ses entrailles.

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le Marché africain des arts du spectacle d’Abidjan (Masa) reprend du service dans la capitale ivoirienne. Un événement culturel qui ne s’était plus déroulé depuis 7 ans à cause d’une crise politico-militaire qui a failli l’éclipser de l’environnement artistique francophone africain. Le rendez-vous n’étant pas seulement réservé aux Ivoiriens, il a toujours été l’attraction de tous les amoureux des arts du spectacle. Acheteurs et artistes en avaient fait une rencontre à ne pas manquer, pour rien au monde. Mais c’était sans compter avec les démons de la guerre.

C’est tant mieux que la Côte d’Ivoire a décidé de solder ce passé douloureux et retrouver sa place de plaque-tournante de la culture africaine francophone. Le Masa, c’est comme le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) au Burkina Faso. C’est heureux qu’il soit de retour. Et qu’il offre l’occasion de parler d’autres choses que des affaires politico-politiciennes qui ont fini par pourrir la vie aux Africains et à l’Afrique.

S’il est vrai que «la musique adoucit les mœurs», il faut croire que le retour du Masa ne peut que contribuer au retour intégral de la Côte d’Ivoire dans le concert des nations. La volonté des autorités ivoiriennes à préserver cet héritage mérite d’être saluée et encouragée. Elle est la preuve que la réconciliation si chère aujourd’hui à ce pays ne doit pas faire l’économie de la culture et des arts. Car, c’est finalement cela qui permet de ne pas tout perdre. Bon vent au Masa ressuscité…comme Alassane Ouattara.

Par Bark Biiga