L’argent blanchi au Sénégal : Investi au Burkina, au Sénégal, au Brésil

Bceao(L’Éléphant Déchaîné, 24 – 27 mai 2013) – Le mercredi 24 septembre 2003, l’agence de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BcEAO) à Bouaké, alors fief de l’ex-rébellion armée de Soro Guillaume, a été attaquée. Ce hold-up qui se révèle aujourd’hui comme une opération savamment montée par des champions de l’ex-rébellion, a duré trois jours. Au cours desquels, tous les coffres de la banque ont été ouverts et entièrement vidés de leur contenu.

Un mois plus tard, le 28 octobre 2003 et à 24 heures d’intervalle, les agences de la même Banque centrale à Man et à Korhogo, ont été attaquées. A l’époque, des journaux avaient écrit que si l’attaque de l’agence de Man avait été fructueuse pour les braqueurs, celle de Korhogo aurait échoué.

En réalité, il n’en est rien. Ces deux agences ont également été entièrement vidées de leur contenu.

La Banque centrale, à l’époque gouvernée par Charles Konan Banny, on ne sait trop pourquoi, n’a jamais fait de déclarations sur les montants qui ont été dérobés dans ces trois agences. Elle avait, par la voix de son gouverneur, affirmé qu’une enquête avait été ouverte et que tous les auteurs de ces braquages seraient identifiés, arrêtés et sévèrement punis devant les tribunaux.

Dix ans plus tard, on a vu les résultats. Les cerveaux de ces attaques n’ont jamais été inquiétés et aucune communication n’a été faite sur les pertes causées à la banque. Certaines sources avaient parlé de 24 milliards de FCFA volés à Bouaké (lire l’article de jeuneafrique.com), d’autres, de 50 milliards, d’autres encore ont avancé le chiffre de 130 milliards de FCFA.

Sauf qu’aujourd’hui, on en sait un peu plus sur les montants qui ont été emportés. Selon des informations confidentielles obtenues par « L’Eléphant » auprès d’anciens cadres de la BCEAO, « une évaluation complète du préjudice causé à la Banque centrale a été faite. Les montants dérobés dans les trois agences s’élèvent à 1038 milliards de FCFA. Cet argent a d’abord été placé au Burkina Faso, base arrière de l’ex-rébellion, avant d’être convoyé au Sénégal en avion. Et c’est dans ce pays que tout cet argent a été blanchi avec des complicités au plus haut sommet de l’Etat sénégalais et de la direction de la BCEAO. Parce que, sans la complicité de la BCEAO elle-même, il était impossible de blanchir cet argent qui a été par la suite injecté dans le circuit. Le rapprochement entre certaines autorités sénégalaises sous la présidence d’Abdoulaye Wade et des ex-chefs de la rébellion ivoirienne prend son explication dans cette opération. Des dizaines de milliards provenant de ce blanchiment ont été investis dans l’immobilier, dans la restauration, dans l’hôtellerie, au Burkina Faso. D’autres ont été investis un peu partout en Afrique et même au Brésil, où des Ranch ont été achetés. Et l’ancienne direction de la BCEAO a les noms de toutes les personnes qui ont profité de cet argent. Mais rien n’a été fait, personne n’a été poursuivi, en dehors d’un pauvre Béninois qui s’était fait avoir à Bouaké par un ex-chef rebelle et qui a été brièvement interpellé à Bamako en possession de plusieurs millions provenant des agences braquées. A l’époque, la France qui fait partie des actionnaires de la BCEAO, a voulu faire arrêter tous les cerveaux des attaques contre ces agences, mais des chefs d’Etat dont les pays ont massivement profité de ce vol, n’ont pas voulu s’associer à l’opération, parce qu’elle les mettait en difficulté eux-mêmes. Et les choses en sont restées là. » Expliquent les sources de « L’Eléphant ». Devinette : quel ancien chef d’Etat a fait cette révélation ? « Soro Guillaume est mon fils… »

RED.