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1 – La cohésion sociale pour réduire les antagonismes politiques de caractère clanique qui bloquent la société (réforme et avancées) et les lignes de la fracture sociale (clivage citadins/ ruraux et riches/pauvres) qui crée une injustice et un déséquilibre profond envers les citoyens qui se sentent, soit marginalisés soit abandonnés, source de démotivation et de démobilisation. Nous avons besoin de cette cohésion, en tant que plus petit ou grand commun dénominateur commun, afin de permettre un consensus sur des fondamentaux et une forte mobilisation de tout le corps social derrière une vision stratégique et des objectifs inscrits dans la durée (recours à des lois de programmation), pour acquérir progrès social, développement économique et maîtrise technologique.

2 – La restauration de l’autorité des institutions et de la Loi en les réconciliant avec les populations qui ont perdu confiance en elles, ou nient leur autorité par une indiscipline notoire (conduites sociales et politiques délinquantes) ou encore la sapent volontairement par la corruption endémique qui gangrène tout le système et pénalise lourdement à la fois le développement (qualité défectueuse des services et des biens produits, paralysie des organes de contrôle, prélèvement sur les recettes de l’État, répercutions du coût de la corruption et du racket sur le pouvoir d’achat du consommateur final, injustice sociale dans la redistribution des dividendes de la croissance et la distribution du travail, etc. …) et l’organisation de la société (laxisme dans la gestion des affaires pour des motifs politiques et des intérêts financiers personnels, confusion des pouvoirs constitutionnels et des domaines de compétence, inefficacité du système judiciaire charpente de l’activité sociale, économique, politique et institutionnelle, confiscation du marché, du grand capital et de certains secteurs d’activité par des minorités claniques et communautaires, inapplication des textes faute de moyens et de motivation des services publics pour les faire appliquer, ou encore du fait de l’importance des trafics d’influence et de la corruption des fonctionnaires, etc. …).

3 – L’acquisition de la souveraineté économique de notre développement grâce à un capital humain suffisant en nombre et en qualité (système éducatif performant, recherche et développement significatif, création de filières de formation en amont et en aval de nos richesses naturelles en vue de leur exploitation et de leur transformation, soutien plus fort à l’innovation et à l’invention permettant leur application et leur valorisation industrielle , mutation technologique dans les modes de production, redéploiement territorial des compétences, etc. …) à la création d’une masse entrepreneuriale nationale susceptible d’assumer et de tirer la croissance (importance des investissements privés nationaux, encouragement des joint-ventures, développement du savoir-faire local, renforcement des capacités technologiques, partenariat PPP, élargissement de la taille des unités industrielles dans une perspective de conquête des marchés de la sous-région et de l’extérieur, niveau du taux de sous-traitance dans l’attribution des marchés publics, aides à la création d’entreprises et à l’installation des primo-entrepreneurs, politique fiscale et bancaire favorisant l’industrialisation locale et l’intégration du secteur informel dans les circuits institutionnels de l’économie) et la maîtrise des nouvelles technologies.

4 – La stabilité politique dans la transmission démocratique du pouvoir d’État (fiabilité du processus électoral, compétition successorale à l’intérieur des partis politiques, maturité et responsabilité de la société politique dans sa capacité de dialogue pour traiter les différences et les grandes questions d’intérêt général, choix irrévocable en faveur de la paix publique et du respect de l’ordre constitutionnel) et de la trajectoire du cadre macro-économique qui a besoin de se consolider sur plusieurs décennies pour nous conduire à l’émergence (articulation de l’activité, croissance du volume de celle-ci en lien avec sa répartition géographique et la diversification de la production, constitution des pré-requis et des conditions d’épanouissement de l’activité, intégration sectorielle avec une plus forte contribution de l’activité de transformation dans la structure du PIB). L’alternance du pouvoir ne devrait pas remettre en cause ces fondamentaux ou acquis, elle ne devrait que concerner la gestion des affaires et les orientations tactiques pour corriger la trajectoire ou la renforcer, et pour mettre en place un projet de société qui se distingue par son orientation sociale et endogène, ainsi que celle de sa politique étrangère pour mieux capter les opportunités de la mondialisation.

5 – La restructuration des mentalités par la déconstruction des mythes et de l’imposture, la dénonciation du populisme et du tribalisme, la désacralisation des dirigeants charismatiques et du pouvoir temporel. Ensuite, il convient d’initier une révolution culturelle qui assure la promotion de nouveaux modèles sociétaux (critère du mérite et de la compétence dans la compétition, réussite sociale fondée sur le travail et l’honnêteté, séparation du monde politique du monde économique, adoption de la sanction comme norme de gestion, impartialité dans l’accès aux responsabilités, distance de l’État vis à vis du corps social avec ses particularismes, etc. …) et la restauration des valeurs fondatrices de notre Nation (paix, union, suprématie de l’intérêt général sur l’intérêt individuel, sens de la responsabilité et des valeurs morales, conscience professionnelle, etc. …).

Conclusion : Il nous faut remettre la culture au sommet de nos priorités et de notre action, pour que cette dernière soit bien assimilée et bien inspirée, grâce à une meilleure pédagogie de l’action, pour que le peuple se reconnaisse et s’identifie dans le projet que cette dernière met en œuvre.

Aly Pierre SOUMAREY