Réintégration ou Réanimation ? : À deux semaines du discours du 6 août, l’opposition ivoirienne espère encore un geste du pouvoir… tandis que ses divisions internes minent toute crédibilité.

Gbagbo – Ble Goude – Thiam – Soro / Photo / bbc.com

Simplice Ongui
Directeur de Publication
Afriqu’Essor Magazine
osimgil@yahoo.co.uk

À l’approche du traditionnel discours du 6 août, l’opposition ivoirienne retient son souffle. Certains espèrent un geste fort du président Ouattara : la réintégration sur la liste électorale de figures majeures comme Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé et Tidjane Thiam. Mais cette attente cache mal les fractures internes qui affaiblissent la crédibilité d’un camp désuni, tiraillé entre querelles d’ego, trahisons supposées et stratégies en exil. Dans ce théâtre politique confus, la Côte d’Ivoire mérite mieux que des illusions connectées.

À deux semaines du discours présidentiel du 6 août, à la veille de la fête nationale, l’opposition ivoirienne retient son souffle. Non pas par peur, non. Par espoir… ou par illusion ?

On chuchote, dans les salons et sur les réseaux, que le président Alassane Ouattara pourrait, dans un geste d’apaisement, annoncer la réintégration de Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé et Tidjane Thiam sur la liste électorale. L’annonce tant attendue par ceux qui espèrent encore une présidentielle inclusive.

Mais pendant que certains rêvent d’amnistie, les clivages internes de l’opposition continuent de creuser des fossés.

Il est devenu curieusement plus tolérable, chez certains pro-Gbagbo, de composer avec les pro-Soro – oui, Soro le Rebelle, auteur d’une rébellion armée – que de tendre la main aux pro-Blé Goudé, celui qui, en 2010, avait pourtant défendu la République aux côtés du camp légaliste.

Et que dire de la majorité des militants du PPA-CI, ces GOR – Gbagbo Ou Rien – qui, dans leur dogmatisme, ne cachent plus leur mépris pour les partisans d’Ahoua Don Mello, qu’ils qualifient sans détour de traîtres.

Pendant ce temps, au PDCI-RDA, Tidjane Thiam joue les exilés volontaires dans un luxe feutré, bien loin de l’arène politique. Son porte-parole, Soumaïla Brédoumy Traoré, lui, prend la poudre d’escampette pour l’étranger au prétexte de menaces d’arrestation, ce qui lui vaut une retraite improvisée mais bien commode. Courage en mode avion ?

Alors oui, les uns et les autres croient encore à une annonce présidentielle salutaire, à une amnistie électorale. Ils espèrent qu’un décret effacera l’injustice, comme par magie. Ils rêvent de réhabilitation nationale. Mais croient-ils sérieusement que le combat politique se mène par Wi-Fi ? Le salut politique viendra-t-il d’un écran de télévision ?

Croient-ils sérieusement à une libération nationale via TikTok, X (ex-Twitter) ou Facebook ? Non, le destin d’un peuple ne se joue pas entre deux posts sur Facebook.

La Côte d’Ivoire n’a pas besoin de mirages, mais de vision.

Pas de postures, mais de courage.

La Côte d’Ivoire attend des actes, pas des poses. Des convictions, pas des clics.

Simplice Ongui
Directeur de Publication
Afriqu’Essor Magazine
osimgil@yahoo.co.uk